Le tennis-elbow : comprendre et prévenir
Cette douleur au coude, redoutée des joueurs, vient rarement du hasard. Comprendre ses causes — geste, matériel, surcharge — c’est déjà la prévenir.

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C’est sans doute la blessure la plus redoutée des joueurs de tennis, au point de porter leur nom : le tennis-elbow, ou épicondylite. Cette douleur à la face externe du coude peut gâcher le plaisir de jouer, s’installer dans la durée, et se rappeler à vous dans les gestes les plus banals du quotidien — ouvrir une porte, porter une casserole, serrer une main. La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’arrive presque jamais par hasard. Comprendre d’où elle vient, c’est déjà pouvoir l’éviter.
Précisons d’emblée le cadre de cet article : il vise à comprendre et à prévenir, pas à soigner. Une douleur installée relève d’un professionnel de santé, qui posera le bon diagnostic. Ce qui suit vous aidera surtout à ne pas en arriver là.
De quoi parle-t-on exactement
Le tennis-elbow désigne une souffrance des tendons qui s’attachent sur la partie externe du coude, du côté du pouce quand le bras est le long du corps. Ces tendons commandent l’extension du poignet et des doigts. À force d’être sollicités par des gestes répétés, notamment lors des frappes de revers et des chocs de balle, ils s’irritent et deviennent douloureux.
La douleur se manifeste d’abord à l’effort, puis, si l’on ne fait rien, elle peut apparaître au repos et dans la vie courante. C’est un trouble de surcharge : le tendon n’a pas eu le temps de récupérer entre des sollicitations trop nombreuses ou trop intenses. Fait à retenir, malgré son nom, le tennis-elbow touche aussi énormément de personnes qui ne jouent jamais au tennis — bricoleurs, jardiniers, travailleurs sur écran. Le tennis en est une cause parmi d’autres.
Pourquoi le tennis peut le déclencher
Plusieurs facteurs, souvent combinés, expliquent l’apparition d’un tennis-elbow chez le joueur. Le premier est technique : un revers à une main mal exécuté, poignet cassé et coude qui « mène » le geste, concentre les contraintes sur les tendons du coude. Un joueur qui frappe le revers avec le bras plutôt qu’avec tout le corps s’expose davantage.
Le deuxième facteur est le matériel : une raquette trop rigide, un cordage trop tendu, un manche mal dimensionné ou des balles lourdes et humides transmettent davantage de vibrations et de chocs au bras. Le troisième est la surcharge : jouer soudainement beaucoup plus que d’habitude, notamment à la reprise après une pause, sans laisser aux tendons le temps de s’adapter.
- Le geste : un revers exécuté avec le bras et le poignet plutôt qu’avec tout le corps concentre les contraintes sur le coude.
- Le matériel : raquette rigide, cordage trop tendu, manche inadapté, balles lourdes — autant de vibrations transmises au bras.
- La surcharge : une augmentation brutale du volume de jeu, souvent à la reprise, sans progressivité.
Prévenir par la technique
La première prévention est gratuite : bien frapper. Un revers où le corps pivote, où les jambes poussent et où le poignet reste ferme et aligné répartit l’effort sur tout le corps au lieu de le concentrer sur le coude. Si vous jouez le revers à une main et que vous sentez des tensions, c’est peut-être le bon moment pour en parler à un enseignant : un simple réglage de geste peut suffire à faire disparaître le problème.
De façon générale, un contact de balle propre, au centre du tamis, génère beaucoup moins de vibrations qu’un contact décentré. Or c’est souvent la fatigue ou la précipitation qui fait frapper à côté du centre. Là encore, mieux jouer, c’est aussi se protéger.
Prévenir par le matériel
Le réglage du matériel est un levier puissant et trop souvent négligé. Un cordage un peu moins tendu absorbe davantage les vibrations et soulage le bras. Le choix du cordage lui-même compte : certains matériaux sont réputés plus doux pour l’articulation. Un manche à la bonne taille — ni trop fin, ni trop gros — permet de tenir la raquette sans crisper l’avant-bras.
Si le sujet vous concerne, notre article sur le cordage et la tension détaille ces réglages. Le principe à retenir est simple : en cas de fragilité du coude, on cherche un ensemble raquette-cordage qui « pardonne » et amortit, plutôt qu’un matériel rigide et nerveux pensé pour la performance pure.
Prévenir par le renforcement et l’échauffement
Des avant-bras renforcés et souples encaissent mieux les contraintes. Quelques exercices simples de renforcement des muscles de l’avant-bras et du poignet, ainsi que des étirements doux réalisés à froid en dehors des séances, contribuent à la solidité des tendons. Notre article sur le renforcement à la maison donne des pistes applicables sans matériel.
L’échauffement joue aussi son rôle : un bras préparé progressivement, avec des frappes en montée d’intensité plutôt qu’à froid et à fond, souffre beaucoup moins. Ne servez jamais en force sur un coude froid.
Quand la douleur est là : les bons réflexes
Si une douleur au coude apparaît, le pire réflexe est de l’ignorer et de continuer comme si de rien n’était. Les premiers gestes de bon sens sont de réduire la charge, d’éviter les gestes qui déclenchent la douleur, et de laisser au tendon le temps de récupérer. Le repos relatif, plutôt que l’arrêt total et brutal, est généralement recommandé, mais chaque situation est particulière.
C’est là qu’il faut être clair : au-delà de ces précautions générales, une douleur qui s’installe ou qui revient dès la reprise nécessite l’avis d’un professionnel de santé — médecin, kinésithérapeute. Lui seul pourra évaluer précisément la situation et proposer une prise en charge adaptée. Cet article ne remplace pas cet avis ; il vous aide à comprendre pour mieux prévenir, et à ne pas laisser traîner.
La reprise après une gêne
Beaucoup de tennis-elbows se réveillent à la reprise, après une pause ou une blessure mal cicatrisée. La tentation est grande, une fois la douleur calmée, de reprendre exactement au niveau d’avant. C’est le meilleur moyen de tout relancer. Le tendon a besoin d’être réhabitué progressivement à l’effort : on recommence doucement, par des séances courtes et des frappes maîtrisées, en augmentant la charge semaine après semaine.
Cette progressivité vaut d’ailleurs pour tout le monde, blessé ou non. Le principe qui protège du tennis-elbow est le même que celui qui gouverne toute la prévention au tennis : ne jamais augmenter brutalement ce qu’on demande à son corps. Un joueur qui étale ses efforts et respecte les signaux de fatigue offre à ses tendons les meilleures conditions pour durer.
Jouer longtemps, sans douleur
Le tennis-elbow n’est pas une fatalité, et de nombreux joueurs traversent toute leur vie de pratiquant sans jamais en souffrir. La clé tient dans quelques habitudes simples : bien frapper, adapter son matériel, augmenter progressivement sa charge de jeu, et surtout écouter les premiers signaux au lieu de les nier. Au club, l’enseignant et les joueurs expérimentés sont de bon conseil pour un réglage de geste ou de raquette. N’hésitez pas à les solliciter : mieux vaut une question posée à temps qu’une saison perdue sur blessure.
Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de douleur persistante, consultez un médecin ou un kinésithérapeute.